Est-ce la deuxième flèche ?
Est-ce s’accrocher à un passé inexistant ? À un futur ?
Est-ce l’ivresse de l’illusion d’avoir raison / du « moi » ?
Vie ou mort ?
Tu ne joues pas ? Tu as oublié le minuteur ? Tu as oublié le téléphone ? Tu sais ce qui va suivre…
Ne pas jouer = être du côté du mal, et ce n’est pas une allégorie. C’est aussi sérieux que ça ! Et ce n’est pas une accusation : c’est simplement ainsi que l’esprit fonctionne, factuellement.
rien à poursuivre
Il n’y a que cette expérience — ici et maintenant.
Tu n’as besoin de fuir nulle part ni de rattraper quoi que ce soit.
Où que tu arrives — cette situation sera le lieu même de la pratique.
une minute de liberté
Mets l’illusion sur pause pendant une minute !
Pour l’illusion, rien ne changera si elle retarde ses réactions et ses jugements immédiats. Si elle a « raison », dans une minute elle pourra calmement reprendre le contrôle — qu’il en soit ainsi.
Ne juge pas les événements et ne suis pas l’esprit pendant une minute ! Cette minute de silence, où tu peux réfléchir, est une ruse pour t’échapper vers la liberté !
jette le poison maintenant
L’illusion — c’est du poison.
Tu as vu comme les fourmis mangent le poison, avec quel plaisir !
Combien de souffrance a été créée sous l’effet de ce poison !
Tu n’es pas une fourmi : reconnais l’illusion, jette le poison immédiatement ! Ne sophistique pas le premier pas, rejette-le — MAINTENANT, puis occupe-toi de la situation qui s’ensuit.
Il y a l’événement, et il y a une trace émotionnelle qui n’existe pas.
Le poison ne demande pas d’analyse, il demande d’être reconnu.
la clé est en toi, pas dehors
L’illusion chuchote : « La cause de ta douleur est à l’extérieur. Répare le monde — et tout ira mieux ».
Mais c’est une tromperie. Imagine que tu sois en train de mourir. Voudrais-tu revenir en arrière jusqu’à aujourd’hui ? En serais-tu heureux ? Pourquoi ne te réjouis-tu pas maintenant, puisque tu es dans cette situation, ici et maintenant !
Souviens-toi des époques de guerre et de pauvreté ! Aujourd’hui tu as de l’eau, de la nourriture, des médicaments, un toit, internet. Pourquoi ne te réjouis-tu pas ?
Tu dois réaliser : la frustration ne vient pas de facteurs externes ou des autres, mais de toi-même.
l’anesthésie gêne la pratique
Prendre plaisir au poison illusoire est très nocif. C’est comme une drogue : on en veut encore et encore. Et lorsqu’elle n’est pas disponible, on souffre, parce qu’on s’y est habitué.
Quand ça va mal, l’envie de « s’anesthésier » remplace la pratique.
Quand ça va bien, on perd la lucidité et on se rendort à nouveau.
La clé de la liberté — rester conscient et sans jugement dans l’inconfort comme dans la satisfaction.
il n’y a ni passé ni futur : pourquoi s’inquiéter ?
L’illusion dit que le passé et le futur sont des réalités solides..
En réalité, le passé est passé, le futur n’existe pas, et quand il arrivera, il deviendra immédiatement du passé — c’est-à-dire qu’il disparaîtra.
Quand le passé et le futur deviennent pour nous plus réels que la respiration, nous nous tirons la deuxième flèche — la souffrance que nous ajoutons nous-mêmes.
S’accrocher au passé intensifie la douleur. S’accrocher au futur empoisonne le présent.
En laissant le passé et le futur entre parenthèses, en renonçant au jugement évaluatif, est-ce vraiment si mauvais, précisément dans cette seconde ? Qu’est-ce qui manque, là, maintenant — dans l’expérience réelle, pas dans l’histoire ?
Le moment qui t’a frustré est déjà passé. Le moment qui t’a procuré du plaisir aussi.
Apprends du passé et prends soin de l’avenir — mais fais-le depuis la clarté, pas depuis la panique.
L’illusion est une prémisse fausse.
Mais si la prémisse est fausse, les conclusions le seront aussi.
Même des plans « intelligents » bâtis sur la peur et l’avidité deviennent aléatoires : ils peuvent sembler justes, mais ils produiront de la souffrance — pour moi et pour les autres.
D’une prémisse claire naissent des actions claires.
D’une prémisse bienveillante — des conséquences bienveillantes.
L’illusion finira de toute façon par se dissoudre, mais les conséquences des actes — elles — resteront.
Tu es un nœud-transformateur dans le réseau des causes et des conditions,
et à chaque instant tu choisis quel karma renforcer dans le monde.
assez de lumière sur le mur pour être heureux
Quand tu étais enfant, il te suffisait du jeu de lumière sur le mur pour être heureux.
Le monde n’est pas devenu pire. L’illusion a caché la lumière..
On arrive dans un nouvel endroit — les premiers jours tout est neuf.
Puis l’esprit s’habitue, colle une étiquette : « je connais déjà » — et cesse de voir.
Ne crois pas à chaque histoire que l’esprit raconte à propos de ce qui est « ennuyeux », « insuffisant », « sans intérêt ».
Essaie de remarquer la beauté sans commentaires.
Ne t’accroche pas à la douce habitude : remplace-la par une joie sobre, sans jugement, fondée sur la réalité — sur la présence, la gratitude, la bonté.
Le soleil est le même, mais la perspective est différente…
statistiques
Sais-tu que, dans le monde, toutes les quelques minutes, un enfant meurt ?
Sais-tu combien de souffrance pèse sur les animaux ?
Les gens qui font cela ne sont pas différents de toi. Ils ont le même esprit. Les mêmes sentiments. Orgueil. Envie. Colère. Foi dans l’illusion. C’est une grande tragédie de toute l’humanité. Qu’est-ce que tu vas faire de tout ça ?
Reconnaître les mouvements de l’esprit des autres comme les tiens — c’est la pratique. Car tu as éprouvé tous ces mouvements toi-même, comme eux. Tu n’es en rien meilleur que les autres, et tu peux comprendre et voir ces mouvements comme les tiens.
Si nous parlons de réalité, et non de ton regard illusoire et étroit, alors c’est ça — la réalité.
Ton esprit ou l’esprit d’autrui, quelle différence ? Tu es plus que ce que l’illusion te dessine.